Par Justin Rialland, fondateur d’Anthera
Combien coûte un site internet, et pourquoi les devis varient autant
Le même intitulé recouvre des prestations sans rapport entre elles. Voici les quatre variables qui font réellement le prix, et celles qui n'y changent presque rien.
C'est la question la plus posée, et celle à laquelle on ne peut pas répondre honnêtement sans en poser trois autres. Non par manœuvre commerciale : « un site internet » désigne des prestations qui n'ont pas le même objet, pas la même durée et pas le même risque.
Trois objets différents sous le même mot
Le site assemblé sur un thème existant. On part d'un gabarit du marché, on remplace les images et les textes, on ajuste les couleurs. C'est rapide, c'est honnête, et pour beaucoup d'activités c'est suffisant. L'ordre de grandeur va de quelques centaines à quelques milliers d'euros.
Le site conçu pour vous. Les pages sont dessinées à partir de votre positionnement et de ce que cherchent vos clients, pas à partir d'un gabarit. Le travail de contenu pèse souvent plus lourd que le développement. On entre ici dans les milliers d'euros, et on peut monter nettement au-dessus selon le contenu à produire.
L'application déguisée en site. Espace client, réservation, configurateur, catalogue connecté à votre stock. Dès qu'il y a des comptes utilisateurs et des données qui vivent, ce n'est plus un site : c'est un logiciel avec une page d'accueil. Le prix change de nature, parce que la durée et les responsabilités changent de nature.
Les quatre variables qui font le prix
Qui écrit le contenu. C'est le premier poste, et celui qu'on oublie dans toutes les comparaisons. Un site de huit pages dont vous fournissez les textes et un site de huit pages dont le prestataire mène les entretiens, rédige et fait valider n'ont aucune raison de coûter pareil.
Ce qui doit être connecté. Un formulaire qui envoie un e-mail est simple. Le même formulaire qui crée une fiche dans votre CRM, déclenche une relance et remonte dans un tableau de bord est un autre travail. Chaque connexion à un outil tiers ajoute du développement, et surtout des cas d'erreur à traiter.
Le degré de sur-mesure visuel. Un gabarit ajusté, une maquette dessinée sur vos pages clés, ou une direction artistique complète : trois niveaux, trois budgets.
Ce que vous devez pouvoir faire seul ensuite. Modifier un texte, ajouter une page, publier un article. Rendre un site administrable coûte du temps de conception. Ne pas le rendre administrable coûte un appel au prestataire à chaque virgule.
Ce qui ne change presque rien
Le nombre de pages statiques, passé les premières. La technologie employée, qui relève du choix du prestataire et non du vôtre. Et le nombre de réunions, qui gonfle les devis sans rien ajouter au résultat.
Les coûts récurrents, à demander avant de signer
Nom de domaine et hébergement sont modestes et prévisibles. Ce qui l'est moins : les licences des outils tiers, et ce que recouvre le mot « maintenance ». Faites préciser s'il s'agit des mises à jour de sécurité, des correctifs, ou d'un volume d'évolutions. Les trois sont vendus sous le même nom.
Comment comparer deux devis
Posez les mêmes trois questions aux deux : qu'est-ce qui est livré exactement, qui écrit le contenu, et à qui appartient le code à la fin. Un écart de prix de un à cinq s'explique presque toujours par les réponses à ces questions, rarement par la compétence.
Notre page Outils digitaux décrit ce que nous mettons derrière chacun de ces niveaux.